Les Jardins Vivaces

Charlesbourg, Québec
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Au bas de l’allée d’arbres, on aperçoit tout d’abord un panneau de bois gravé « Jardins de vivaces ». Apparaît ensuite, de magnifiques couleurs sous la pluie battante d’un début de juin frais et humide. Quel spectacle enchanteur de voir toutes ces plantes, arbustes offrant leur palette de tons et senteurs. Jacques Hebert, le jardinier concepteur et créateur de ce havre de paix, nous accueille et nous présente son petit domaine d’un hectare.

A l’orée de la forêt, cet homme a ensemencé ce jardin voila 10 ans. La création d’un plan d’eau fut la première ébauche de son installation sur fond de permaculture. Pour préparer ces plantations sur cette terre argileuse de climat classé en zone 4, cela a nécessité sur son idée, d’un apport de terre et de composte de feuille la première année. Inspiré par les buttes autofertiles, il décide de les monter plus basses afin de limiter les pertes en eau. Un épandage de bois raméal fragmenté et le tour était joué.

Ainsi était né ce petit coin de paradis ou poussent désormais quelques 1300 variétés ornementales sans jamais pratiquer, ni labour, ni traitements, ni arrosages, ni désherbages. Elaboré dans les règles de l’art, le jardin est entouré de haies de toutes sortes afin de créer, en plus de la mare, des refuges et réserves aux insectes, animaux et plantations, créant ainsi un écosystème riche de biodiversité.

Aujourd’hui, le terrain est tellement enrichi de biomasse et de vie, qu’il est passé en zone 5 et des végétaux qui habituellement ne pousseraient pas dans cet environnement, croient et se développent majestueusement avec une grande vitalité.

Sur aucun espace la terre n’est laissée a nue. Une fine couche d’un centimètre de BRF recouvre également les allées. L’épandage est renouvelé une fois par an.

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Observez la couleur de la terre et la couche blanche de basidiomycètes.

Par endroits, au travers de ces vaillantes vivaces, poussent des champignons. Ceux sont comestibles, mais n’ont rien a voir avec ceux qui se développent a quelques centimètres dans le sol, les fameux Basidiomycètes (appelés grossièrement pourriture blanche). Dans ce sol fertile, ces derniers pullulent.
En effet, ce champignon est le gage de la résussite pour améliorer la structure d’un sol. Ils sont les principaux micro-organismes capables de digérer la lignine du bois, recyclant et aidant les végétaux à absorber et assimiler l’eau et les substances nutritives en formation dans le sol.

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Basidiomycète sur un fragment de bois

Ils sont le point de départ de la chaîne trophique avec les bactéries, suivies des insectes. Générateurs d’antibiotiques naturels, les cultures sont protégées des parasites et maladies.

Grâce a la lignine du BRF, la température est stable et moyenne, le pH est neutre, l’humidité vitale constante. Plus besoin d’irriguer ni d’engraisser. En même temps que se font les échanges entre ce monde grouillant de vie, de la terre se créée ! Source alimentaire pour tous les êtres vivants, l’harmonie est établie.

Autodidacte précurseur, Jacques Hébert a débuté ses expérimentations en 1979. Travaillant alors auprès d’Edgar Guay, attachés au ministère des forêts de Québec, sur l’idée de recyclage des déchets forestiers, étaient nés les bois rameaux forestiers.

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Aujourd’hui équipé d’une fragmenteuse, il transforme le BRF et prépare de la litière forestière sur place, et tout a chacun, peut venir se fournir chez lui ainsi qu’en plans de vivaces, récoltés au moment de l’achat.
Jacques s’essaye aussi à créer de nouvelles variétés et prévoit désormais d’étendre ses cultures à du maraîchage et alimentations du bétail.
Végétarien, autonome, humble et sûr de lui, cet homme déterminé est à l’origine de tout un mouvement philosophique ou la conception du respect de la vie prend toute son ampleur.

Ce jardin est la preuve vivante que nous avons les moyens simples, efficaces de régénérer le cercle de la vie. Celui la même, actuellement en péril a cause de politiques agricoles productivistes ou l’artificiel a pris la place du naturel. Comme le dit l’adage : « Chasses le naturel, il revient au galop « , les Jardins de Vivaces de Jacques Hébert, directement inspirés de la forêt, source de vie de notre planète, en sont le parfait exemple et même plus, ce sont des références au « chant des possibles ».

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Savant mélange de permaculture, de jardins autofertiles et de bois raméaux fragmentés, ils sont à l’image de la nature originelle. Un véritable reflet qui prouve une fois de plus que le renouveau existe malgré les ravages écologiques dramatiques qui menacent la survie planétaire. A commencer par le problème de l’eau.

Ces jardins touchent au cœur et pour ceux qui auront la chance de les visiter, la sérénité qui y règne laissera un souvenir incommensurable.

Voir en ligne : Les Jardins Vivaces

11 août 2010
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